« Prélèvements et greffes, des questions qui font débat »

17 octobre 2015 11ème journée mondiale du don d’organes 

Dr Abderezak ZEBBOUDJ (Vice-président de l’Association Don d’Organes Biloba) : « Prélèvements et greffes, des questions qui font débat »

 « Actuellement la totalité des greffes effectuées en Algérie se font à partir de donneur vivant apparenté, un travail de sensibilisation doit être effectué concernant le donneur décédé. En effet, pour que cette opération soit possible, le donneur doit exprimer de son vivant sa volonté de donner ses organes après sa mort, soit en détenant une carte de donneur qui va informer sa famille de sa décision (notre association délivre des cartes de donneur) soit en exprimant directement sa position aux membres de sa famille.

L’association Don d’organes Biloba dont le nom fait référence, à une espèce d’arbres répandue au Japon et qui a survécu aux bombardements d’Hiroshima, lors de la Seconde Guerre mondiale, milite pour la promotion et la sensibilisation au don d’organes, de tissus et de cellules.

Selon le Vice président de l’Association Don d’Organes Biloba le Dr Zeboudj Abderezak pratiquement  toutes  les transplantations d’organes en Algérie se font à partir de donneurs vivants apparentés. Quand à la culture du prélèvement  d’organes sur des cadavres, « elle n’est pas encore ancrée dans le conscient collectif du citoyen, en raison des incompréhensions qui entourent ce concept ».

L’association Biloba compte  plus de 20.000 insuffisants rénaux en hémodialyse et en attente d’une greffe en Algérie. Comment  peut-on faire face à cette situation ?

 « En 2014,  20 312 patients ont été traités pour insuffisance rénale chronique terminale et 166 greffes rénales à partir de donneurs vivants ont été recensées pour 11 Unités de greffe rénale. Notre association Biloba est une association à caractère scientifique et sociétal qui a pour objectif la sensibilisation et la promotion du don d’organes, de cellules et de tissus auprès des professionnels de la santé et du grand public. Il est important de préciser que parmi les 20000 malades en insuffisance rénale chronique terminale, seul le tiers (1/3) aurait besoin d’une greffe. Afin de faire face à cette situation il faut  promouvoir le don d’organes  que ce soit le donneur vivant apparenté, à partir duquel il est possible de prélever un rein, un lobe de foie ou les cellules souches hématopoïétiques, ou bien le donneur décédé à partir duquel il est possible de prélever la cornée, la peau et les organes : les reins, le cœur et le foie.

La demande de transplantation rénale n’est satisfaite en Algérie qu’à hauteur de 10%. Peut-on connaitre les vrais obstacles qui freinent le lancement  de cette opération ?

« La transplantation est une activité pluridisciplinaire qui demande une grande rigueur dans l’organisation. La mise en place de l’Agence Nationale des Greffes, fonctionnelle, chargée d’encadrer et de promouvoir l’activité de prélèvement et de greffe va permettre des avancées.

Pour obtenir plus de don plusieurs obstacles et freins sont identifiés. Il faut améliorer les urgences hospitalières et  développer la détection et la prise en charge des donneurs potentiels dans les services de réanimations. Il faut aussi pouvoir assurer la régulation de l’activité au niveau national (mise en réseau et coordination des équipes)

Parallèlement un manque de sensibilisation au don d’organe auprès des spécialistes de la santé et du grand public est à noter. Avec Biloba nous travaillons depuis quatre années, en organisant régulièrement des journées portes ouvertes, en intervenant à l’université et lors des congrès médicaux et en répondant aux medias. Nous mettons également à la disposition de tous nos sites internet : http://www.don-organes-dz.com/, et notre page Facebook : https://www.facebook.com/adobdz afin de donner un maximum d’information à un maximum de personnes ».

Pratiquement  toutes  les transplantations d’organes en Algérie se font à partir de donneurs vivants apparentés.  Où on est-on des prélèvements sur cadavre ?

« Actuellement la totalité des greffes effectuées en Algérie se font à partir de donneur vivant apparenté, un travail de sensibilisation doit être effectué concernant le donneur décédé. En effet, pour que cette opération soit possible, le donneur doit exprimer de son vivant sa volonté de donner ses organes après sa mort, soit en détenant une carte de donneur qui va informer sa famille de sa décision (notre association délivre des cartes de donneur)  soit en exprimant directement sa position aux membres de sa famille. Quelque soit la décision du donneur l’avis de la famille sera toujours pris en compte. Il est donc nécessaire de créer le débat autour du don d’organes dans notre société afin que chacun de nous puisse émettre son avis.

Le don après la mort est permis par la religion, par la loi et chacun de nous doit exprimer son consentement pour que le prélèvement soit possible. Ce don sera anonyme, gratuit et sauvera plusieurs vies ».

Entretien réalisé par Wassila Benhamed  http://www.elmoudjahid.com/  17 octobre 2015

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