Une pratique « pérenne »

ALGER, 5 mars 2015 (APS) – Le don d’organes pour les besoins de transplantation doit être une pratique « pérenne », a recommandé jeudi à Alger la présidente de l’association de don d’organes (Biloba), le Dr Radhia Kraiba.

Intervenant lors de « la 8e journée portes ouvertes » sur le don, le Dr Kraiba a déploré le fait que cette pratique « ne soit qu’occasionnelle en  Algérie, au moment où les besoins en matière de transplantations d’organes ne cessent d’accroître ».

Elle a encouragé, en particulier, le don d’organes à partir de donneurs vivants en raison de la « qualité » du greffon, soulignant que 50 % des dons effectués en Europe du nord (une référence en la matière) le sont par cette méthode.

Relevant le caractère scientifique de l’association, elle a émis le voeu que soient plus nombreuses les organisations de malades, afin que leurs voix soient « mieux entendues ».

Selon les données collectées par Biloba, moins d’une dizaine de greffes de foie ont été pratiquées en Algérie depuis 2010, 659 transplantations de reins, près d’un millier de cornées et 187 autres greffes de cellules souches hématopoïétiques.

« Ce nombre est en deça des attentes des malades, d’où l’intérêt de cette journée à travers laquelle nous tenons à sensibiliser la population sur l’importance du don d’organes, lequel doit être une culture bien ancrée dans notre société », a expliqué à l’APS le vice-président de Biloba et chargé de communication, Zebboudj Abderezzak.

L’association, rappelle-t-on, avait réalisé récemment un sondage faisant  ressortir que plus de 80% des personnes interrogées sont « favorables » à cette pratique, mais seulement 50% d’entre elles sont prêtes à devenir concrètement des donneurs.

Aussi, les membres de Biloba s’activent-ils afin que la proportion des donneurs soit plus large, à travers notamment des campagnes d’information de proximité et en mettant en avant les différents aspects liés à la question, à savoir le religieux, le juridique, le médical et le sociétal.

Pour ce faire, un imam d’Alger a été convié à cette rencontre afin de clarifier l’approche théologique autorisant le don d’organes, verstes coraniques et hadiths du prophète (QSSL) à l’appui.

« J’ai donné un rein et permis à mon frère de vivre »

« Depuis 1987, je vis avec un seul rein. Prendre la décision de faire  don de son rein n’est pas chose aisée, mais ce faisant, j’ai permis à mon frère de vivre », a témoigné lors de cette rencontre, Mme Malika Aiche.

Aujourd’hui à la retraite, elle affirme que son acte ne représente aucunement un handicap pour elle, dans la mesure où elle a continué longtemps à exercer son métier de professeur d’éducation physique.

Mais sa satisfaction profonde demeure celle d’avoir permis à son frère de « vivre normalement », en exerçant le métier de médecin et en menant une vie de famille, au même titre que toute personne saine.

En consentant ce geste qui exprime autant la « générosité » que l’ »amour » qu’elle éprouve pour son frère, Mme Aiche a dû « dompter la peur » qui l’accompagnée depuis le début.

« Aujourd’hui, je veux témoigner pour donner de l’espoir aux malades et inciter les citoyens à réfléchir à cet acte salvateur « , a-t-elle confié,  ajoutant que si « la vie est un don de Dieu, la préserver relève du devoir ».

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